Tapis de putting pour s’entraîner chez soi
Un tapis de putting permet de travailler le geste qui décide du score, dix minutes par jour, dans un salon. Voici comment lire sa vitesse, quelle longueur choisir, quel système de trou ou de rampe retenir et quels exercices font progresser.

Le putting et les Règles
01Vitesse
Quelle vitesse de green un tapis de putting reproduit-il ?
Une vitesse fixe, celle de sa surface, que certains fabricants expriment en valeur de Stimpmeter, l’outil qui mesure la vitesse des greens. Un tapis ne change pas de vitesse avec la météo ou la tonte comme un vrai green. Choisissez-le assez régulier pour travailler le geste, sans attendre qu’il reproduise votre parcours.
Le tapis est l’outil le plus simple de notre rayon entraînement, et celui qu’on utilise le plus souvent. Pour le choisir, il faut d’abord comprendre comment on mesure la vitesse d’un green. Les golfeurs parlent de greens « rapides » ou « lents » ; les jardiniers de golf, eux, utilisent le Stimpmeter.
Le Stimpmeter est une réglette en aluminium d’environ 91 cm, creusée d’une gouttière en V. On y pose une balle dans une encoche, puis on relève la réglette jusqu’à ce que la balle se libère, vers 20 degrés d’inclinaison. La distance parcourue sur le green, mesurée en pieds et moyennée sur plusieurs balles lancées dans les deux sens, donne la vitesse. Plus le chiffre est élevé, plus le green est rapide. L’outil a été mis au point par Edward Stimpson et adopté par l’USGA, l’organisme américain qui codifie les Règles avec la R&A.
Un tapis a, lui aussi, une vitesse, mais elle ne bouge pas. Un green change dans la journée : il ralentit quand il est arrosé, accélère quand il sèche et après une tonte basse. Le tapis garde la même surface, ce qui est un avantage pour répéter un geste et un inconvénient pour apprendre à doser sur un parcours. Quand un fabricant annonce une valeur de Stimpmeter, elle donne un ordre d’idée, à comparer avec la vitesse habituelle des greens où vous jouez.
La régularité compte plus que la vitesse. Un tapis qui fait dévier la balle sur un pli ou un bourrelet apprend de mauvais réflexes : on finit par viser à côté pour compenser. Déroulez-le à plat, loin d’un radiateur, et laissez-le reposer avant les premiers putts. Pour comparer, demandez à votre club la vitesse habituelle de ses greens ; et sachez qu’une même surface roule différemment selon le sol sur lequel elle est posée, dur ou moquetté.
| Élément | Valeur ou principe |
|---|---|
| Réglette | Aluminium, environ 91 cm |
| Lâcher de la balle | Vers 20 degrés d’inclinaison |
| Mesure | Distance roulée, en pieds |
| Protocole | Moyenne de plusieurs balles, dans les deux sens |
02Longueur
Quelle longueur de tapis faut-il pour travailler le dosage ?
Trois mètres au moins pour travailler la ligne et les putts courts, qui décident du score, et quatre mètres ou plus pour commencer à doser. En dessous, une cible compacte travaille surtout l’alignement et la frappe. Mesurez le couloir ou la pièce avant d’acheter, en gardant la place de vous tenir derrière la balle.
La longueur d’un tapis décide de ce qu’on peut y travailler. Les putts de un à deux mètres, ceux qu’un amateur rate le plus souvent par manque de ligne ou de fermeté, se travaillent sur n’importe quel tapis. Le dosage, c’est-à-dire la capacité à faire mourir la balle près du trou sur un long putt, demande en revanche de la longueur. On ne travaille pas un putt de huit mètres sur un tapis de trois.
Longridge illustre bien cette différence avec deux longueurs du même tapis, Golf Pro : 3 m sur 50 cm, ou 4 m sur 50 cm, selon JS Golf Brands, propriétaire de la marque. Le premier tient dans la plupart des couloirs ; le second demande une pièce dégagée, mais permet de varier davantage les distances. Dans les deux cas, ajoutez au moins un mètre derrière la balle pour vous placer. Pensez aussi au rangement : un tapis qui se roule autour d’un tube reprend vite sa forme, alors qu’un tapis plié garde longtemps la trace de ses plis, qui font dévier la balle.
La largeur compte aussi. Un tapis de 50 cm laisse une marge confortable de chaque côté du trou, à condition de travailler des putts droits. Pour les putts qui cassent, une rampe glissée sous le tapis crée une pente, à condition de rester modérée : une pente trop forte ne correspond à aucun green.
Le trou, enfin, fait la même taille qu’un vrai trou sur les tapis sérieux. Les Règles de golf fixent son diamètre à 108 mm, pour une balle d’au moins 42,67 mm. La marge est donc étroite, et c’est elle qu’il faut apprendre à viser : un tapis dont le trou est plus large, ou une cible plus grande, donne une fausse impression de réussite.
Calcul · le trou et la balle
65 mm de marge
Balle : 42,67 mmTrou : 108 mm
Diamètre du trou et diamètre minimal de la balle fixés par les Règles de golf. Le trou mesure 2,5 fois la largeur de la balle.
03Systèmes
Trou, rampe ou retour de balle : quel système pour quel travail ?
Le trou classique pour reproduire le geste du green, la rampe qui ne retient que les putts bien dosés pour travailler la vitesse, le retour automatique pour enchaîner sans se baisser. Les repères tracés sur le tapis aident à l’alignement. Choisissez selon ce que vous ratez le plus, la ligne ou la distance.
Le trou classique est le système le plus proche du parcours. La balle tombe ou ne tombe pas, comme sur un green, et l’on apprend à frapper assez fort pour passer le bord. Son défaut est pratique : il faut aller chercher la balle après chaque putt réussi, ce qui casse le rythme d’une série.
La rampe parabolique fonctionne autrement. Le PuttOut Pressure Putt Trainer, par exemple, est une petite rampe : un putt bien aligné et bien dosé monte, puis la balle redescend vers vous à la distance où elle aurait fini au-delà du trou. Un putt mal aligné tombe sur le côté. Une micro-cible au sommet ne retient la balle que si la vitesse est parfaite. Ce système récompense donc à la fois la ligne et le dosage, sur très peu de place.
Le retour automatique renvoie la balle vers le joueur quand elle entre dans le trou, par une gouttière ou un mécanisme. Il permet d’enchaîner les putts, ce qui convient aux séries d’entraînement. Vérifiez seulement que le retour ne fait pas de bruit gênant et qu’il ne demande pas de piles à remplacer souvent.
Restent les repères imprimés. Les tapis Golf Pro de Longridge portent par exemple des marques de distance, de montée et d’accompagnement du putter, et des lignes d’alignement. Ces repères ne remplacent pas un enseignant, mais ils donnent un retour immédiat : un putter qui sort de la ligne se voit tout de suite. Combinez les systèmes : une rampe pour la vitesse, un trou pour le geste, des repères pour la ligne.
Pour un tapis à trou, regardez aussi sa profondeur. Sur un green, le trou mesure au moins 101,6 mm de profondeur selon les Règles : une balle bien frappée y reste. Un trou trop plat, dont la balle ressort après un putt ferme, apprend à frapper trop doucement. Certains tapis ajoutent un trou plus petit que la normale pour viser plus précis ; gardez-le pour la fin de séance, pas comme référence.
| Système | Ce qu’il travaille | Limite |
|---|---|---|
| Trou classique | Le geste du green | Ramasser la balle |
| Rampe parabolique | Ligne et dosage | Pas de vrai trou |
| Retour automatique | Les séries | Bruit, mécanisme |
| Repères imprimés | Alignement du putter | Aucun sur le parcours |
04Exercices
Comment s’entraîner au putting à la maison ?
Par séances courtes et régulières, avec un objectif à chaque fois : la ligne avec un exercice de porte, le dosage avec une échelle de distances, la pression avec une série à réussir sans faute. Dix minutes par jour valent mieux qu’une heure par mois, et un objectif chiffré rend chaque séance mesurable.
Le putting est le seul geste du golf qu’on peut répéter des centaines de fois dans un salon, sans risque et sans bruit. C’est aussi celui où la répétition paie le plus vite, à condition de ne pas se contenter de taper des balles. Quatre exercices couvrent l’essentiel.
La porte d’abord. Posez deux tees ou deux pièces de chaque côté de la balle, à peine plus écartés que la tête du putter, et putter entre eux sans les toucher. L’exercice corrige un putter qui sort de la ligne à l’aller ou au retour. L’échelle ensuite : posez des repères à un, deux et trois mètres, et faites rouler la balle jusqu’à chacun, dans l’ordre puis au hasard. Elle travaille le dosage, même sans trou.
La série sous pression transforme le tapis en compétition : mettez cinq balles à un mètre et recommencez à zéro à chaque putt manqué. Le PuttOut et sa micro-cible se prêtent bien à ce défi. Enfin, l’exercice à une main, avec la main du bas seule, développe la sensation de la face du putter.
Deux variantes complètent la série. L’horloge consiste à placer quatre balles autour du trou, à un mètre, et à les rentrer une par une en changeant d’angle à chaque fois : on travaille les putts qui cassent dans tous les sens. Le miroir posé au sol sous la balle permet de vérifier la posture : les yeux doivent se trouver au-dessus de la balle ou juste à l’intérieur de sa ligne. Comptez enfin le rythme, « un » à la montée, « deux » à la frappe : un geste régulier produit des distances régulières.
Notez vos résultats : le nombre de putts réussis sur dix à un mètre, par exemple. Ce chiffre suivi sur quelques semaines dit si vous progressez, mieux que l’impression du moment. Et si une séance tourne mal, arrêtez-la sur un putt réussi : la dernière image compte. Pour travailler le geste complet, une aide au swing ou des bâtons d’alignement complètent le tapis, et un filet de frappe s’occupe des coups pleins.
| Exercice | Mise en place | Ce qu’il travaille |
|---|---|---|
| Porte | Deux tees autour de la balle | Trajectoire du putter |
| Échelle | Repères à 1, 2 et 3 m | Dosage |
| Série sous pression | Cinq putts à 1 m sans faute | Gestion de la pression |
| Une main | Main du bas seule | Sensation de la face |
05Sur le parcours
Que le tapis ne remplace-t-il pas avant une partie ?
La lecture des pentes et la vitesse du jour. Ces deux réglages se prennent sur le green d’entraînement du club, que la règle 5.2b autorise avant un tour de stroke play, contrairement aux greens du parcours. Le tapis prépare le geste à la maison ; le green d’entraînement l’adapte au terrain.
Le tapis fait progresser le geste : la trajectoire du putter, la face au moment de l’impact, la régularité de la frappe. Il ne peut pas apprendre ce qui dépend du terrain. Lire une pente, sentir le grain de l’herbe, juger la vitesse d’un green qui a été arrosé le matin : cela ne s’apprend que dehors. C’est pourquoi les joueurs réguliers passent quelques minutes sur le green d’entraînement avant chaque partie.
Les Règles encadrent ce moment. En stroke play, la règle 5.2b interdit de s’entraîner sur le parcours avant un tour, le jour de l’épreuve. Elle prévoit des exceptions : on peut putter ou chipper sur ou près du premier départ, et s’entraîner sur toute zone d’entraînement. Le green d’entraînement est donc le bon endroit pour prendre la vitesse du jour.
Pendant le tour, la règle 5.5 interdit tout coup d’entraînement pendant le jeu d’un trou. Entre deux trous, elle autorise quelques putts ou chips d’entraînement sur ou près du green qui vient d’être joué, d’un green d’entraînement ou du départ suivant. Il ne faut ni jouer depuis un bunker ni retarder le jeu.
D’où une routine simple. À la maison, sur le tapis, travaillez le geste et la ligne. Au club, avant de partir, prenez dix minutes pour faire rouler des balles de longues distances au putting green, et regardez comment elles meurent. Les deux ensemble valent mieux que l’un sans l’autre. Alternez les putts longs et courts, et terminez par quelques putts d’un mètre, la distance qu’on retrouve le plus souvent dans une partie. Si le club a une zone de chipping, finissez par quelques approches roulées : elles se jouent comme des putts longs, avec la même attention à la vitesse.
Règles 5.2b et 5.5 · édition 2023
- Putting près du premier départAutorisé
- Green d’entraînement avant le tourAutorisé
- Greens du parcours avant le tourInterdit
- Coup d’entraînement pendant un trouInterdit
- Putts sur le green du trou terminéAutorisé
Quel tapis de putting pour quel golfeur ?
- Pour qui
- Celui qui dispose d’un ou deux mètres devant un canapé
- Atout
- Une cible à rampe, qui travaille ligne et dosage
- Limite
- Pas de long putt
- Pour qui
- Celui qui a un couloir d’au moins quatre mètres
- Atout
- Un tapis de trois mètres avec repères
- Limite
- Dosage des longs putts limité
- Pour qui
- Celui qui peut laisser un tapis déroulé en permanence
- Atout
- Un tapis de quatre mètres et une rampe de pente
- Limite
- La vitesse fixe du tapis
Comparatifs et avis du rayon
Les premiers comparatifs de ce rayon arrivent : ils seront listés ici dès leur publication.
Questions fréquentes
Les questions que les golfeurs posent sur les tapis de putting, avec des réponses vérifiées dans les Règles de golf et les fiches des fabricants.
C’est quoi un putting ?
C’est le coup joué sur le green avec le putter, pour faire rouler la balle jusqu’au trou. Il représente une part importante des coups d’une partie, souvent plus que n’importe quel autre club. Par extension, on appelle aussi putting green la surface d’entraînement où l’on travaille ce coup.
Comment faire un putting efficace ?
En visant une ligne précise, en gardant la tête immobile pendant le geste et en frappant la balle avec une vitesse qui la ferait finir un peu après le trou si elle le manque. La régularité du geste vient de la répétition, et c’est ce qu’un tapis permet à la maison.
Faut-il un putter spécial pour s’entraîner sur un tapis ?
Non, utilisez celui que vous jouez sur le parcours. L’intérêt du tapis est d’ancrer le geste avec votre putter, sa longueur et son équilibre. S’entraîner avec un autre putter reviendrait à apprendre un autre geste.
Un tapis de putting abîme-t-il le parquet ?
Rarement, mais un tapis laissé longtemps au même endroit peut marquer un sol fragile ou bloquer l’humidité dessous. Déroulez-le sur un sol propre et sec, et soulevez-le de temps en temps. Sur un parquet, une sous-couche fine évite aussi qu’il glisse.
Peut-on régler la vitesse d’un tapis de putting ?
Pas vraiment : la vitesse dépend de la surface et ne change pas. Certains tapis existent en plusieurs vitesses, et une rampe crée une pente, mais aucun ne reproduit les variations d’un green. C’est sur le green d’entraînement, avant la partie, que l’on prend la vitesse du jour.
Combien de temps faut-il s’entraîner au putting ?
Peu, mais souvent. Dix minutes par jour, avec un objectif précis, font davantage progresser qu’une longue séance par mois. Arrêtez-vous avant de vous lasser, sur un putt réussi.
Faut-il des chaussures de golf pour s’entraîner sur un tapis ?
Non, et c’est même déconseillé : les crampons marquent la surface et finissent par la déformer. Des chaussures à semelle plate, ou des chaussettes sur un tapis propre, suffisent. Gardez simplement la même posture que sur le parcours, pieds écartés à la même largeur.
Un tapis de putting convient-il aux enfants ?
Oui, c’est même une bonne porte d’entrée vers le golf : le geste est simple, sans danger, et le résultat se voit tout de suite. Un putter à leur taille est préférable, car un putter d’adulte trop long fausse la posture.
Sources consultées
Règles de golf, édition 2023 (R&A et USGA) : règles 5.2b et 5.5, définitions du trou et de la balle. USGA : principe du Stimpmeter. Fiches des fabricants JS Golf Brands (tapis Longridge Golf Pro) et PuttOut, relevées le 25 octobre 2026.
Rédigé et vérifié par
Jérémy, fondateur de JSEM Golf
Golfeur depuis trois ans, je joue sur des parcours partout en France et en Andorre. Chaque caractéristique citée ici vient de la fiche ou de la notice du fabricant, et un essai sur le parcours est toujours daté.